Stages: le point sur nouveautés

Ces dernières semaines ont été riches en propositions de loi concernant l’alternance et les étudiants en général.

Pas de grosses avancées mais quelques nouveautés, notamment dans le domaine des stages, qui devraient permettre d’harmoniser les statuts de stagiaire… enfin, un petit peu!

Premièrement, j’aimerais vous parler du communiqué publié par l’AACC (Association des Agences Conseil en Communication) qui a fait coulé beaucoup d’encre cette semaine, notamment sur Twitter :

Comme vous pouvez le voir, cet éminent organisme conseille désormais aux entreprises de rémunérer mieux les stagiaires issus de 13 écoles reconnues comme « d’excellence ». Ceux-ci seraient donc rémunérés 1000 euros quand leurs petits camarades étudiants dans des écoles moins prestigieuses devront se contenter de 417 euros pour boucler leurs fins de mois…

Pour ma part, je trouve cette proposition ridicule. D’abord parce qu’il m’a toujours semblé qu’une formation publique et gratuite était de meilleure qualité qu’une privée à 10 000 euros. Pourquoi ? Parce que la formation publique sélectionne parmi tous types de candidats et pas seulement parmi ceux ayant la capacité financière de se payer une grande école (oui je sais, emprunt étudiant et tout… mais tout le monde n’a pas envie de commencer sa vie professionnelle avec un crédit à rembourser !).

D’autre part, si une meilleure régulation des rémunérations de stagiaire me semble indispensable, je trouve que l’AACC a vraiment choisi la mauvaise solution. Selon moi le système le plus égalitaire aurait été de créer un barème selon l’âge et l’expérience professionnelle du stagiaire (tout comme c’est le cas en alternance) pour indexer rémunération au niveau du stagiaire (avec pourquoi pas une petite pondération selon l’école).  Etudes vraiment gratuites?

Cela éviterait d’ailleurs de nombreuses déconvenues à des chefs d’entreprise qui embauchent des Bac+5 pour faire du copier-coller de fichiers excel. En effet, et c’est humain, lorsqu’on a le choix entre un Bac+2 et un Bac+5 pour le même prix, la décision est vite prise. D’ailleurs, ils ont l’impression de faire une bonne affaire.

Sauf qu’un Bac+5 que l’on a formé pour être presque capable de diriger une entreprise, sera rapidement démotivé et inefficace là où un étudiant plus jeune aurait eu beaucoup de choses à apprendre. Un barème aurait au moins le mérite d’obliger les recruteurs à se poser de vrais questions en terme de besoins de main-d’oeuvre et pas simplement d’embaucher le candidat le plus diplômé possible.

Pour finir, je pense que je n’aurais pas à m’étendre sur la notion de différence de talent entre un élève d’une petite école motivé et un autre d’une grande beaucoup moins (mais alors entre deux élèves non motivés, lequel est le plus efficace ???). Je vous invite d’ailleurs à visiter l’excellent blog de Yatuu pour vous convaincre que talent et salaire ne vont pas forcément de pair.

L’autre mesure dont je voulais vous parler est cette fois plus positive puisque le Parlement vient d’adopter ce mercredi le projet de loi pour le développement de l’alternance et la sécurisation des parcours professionnels dont l’une des mesures phares est notamment d’instaurer un délai de carence entre les stages.

En effet grâce à cette loi, les entreprises devront attendre 1/3 du temps du stage précédent avant de pouvoir réengager un stagiaire. Ce qui signifie qu’un stage de 6 mois ne pourra être suivi par un autre stage qu’après 2 mois de carence.

Voila qui devrait limiter un peu les boîtes à stages, même si dans les faits, il est facile de changer l’intitulé d’un poste…

Parmi les propositions « on y a cru mais finalement non », citons la grosse déception des limitations de durée de stages qui n’est finalement pas fixée à 6 mois… Dommage, car cela aurait pu donner un bel avantage à l’alternance (qui du coup devenait obligatoire pour intégrer un jeune plus de six mois en entreprise).

Dernier point qui, bien qu’anecdotique, fait du bien au moral et permettra une meilleure intégration des stagiaires en entreprise : ceux-ci ont désormais droit d’accès à leur CE pour profiter des réductions.

A défaut d’un vrai salaire, payons le cinéma moins cher !

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