Le jour où j’aurais dû écouter mon instinct

Il n’y a pas grand-chose dans ma vie que je regrette ou même que je referais autrement si j’avais l’occasion. Et pourtant avec le recul, je me dis qu’en cet après-midi de septembre 2016, j’aurais dû écouter cette petite voix au fond de moi qui me disait de filer…

L’entretien se présentait pourtant plutôt bien : un poste intéressant, à proximité de mon domicile et en contrat pro. Ma relative habitude des entretiens d’embauche faisait que je commençais à me détendre et à pouvoir articuler plus de 3 phrases intelligibles, ce qui me donnait confiance en mes capacités.

Un peu en avance, j’attends quelques minutes avant de franchir le seuil de la société. Une collaboratrice me fait asseoir et me dit que Monsieur Untel va me recevoir. Cinq minutes passent… Puis dix…

Au bout de vingt minutes d’attente à ma tortiller sur ma chaise à cause du stress, la sonnette de la porte retentit. Tiens, une concurrente ! CV photocopié en noir et blanc, habillée en jean-basket… je ne devrais pas avoir à beaucoup m’inquiéter.

L’horloge file toujours…J’avais rendez-vous à 15h30 et il est déjà 16h, je commence légèrement à m’impatienter.

16h15 : Je me rappelle de cet article de magazine qui disait qu’un candidat n’est pas à la disposition d’un recruteur et je commence à entendre cette petite voix dans ma tête qui me dit que ça commence mal. Parce qu’une personne qui traite de cette manière une personne qui n’est même pas encore dans l’entreprise, je n’imagine même pas ce que ça doit être avec ses collaborateurs… J’hésite à demander à reprogrammer l’entretien.

16h35 : Le recruteur daigne enfin sortir de son bureau. Ouf, enfin mon tour. Je plains intérieurement la fille à côté qui va encore devoir poireauter.

Ah non ! En fait, il s’avère que puisqu’il a du retard, nous allons passer ensemble ! Après avoir faillit m’étouffer en apprenant la nouvelle, je rassemble mes esprits et essaie de me montrer sous mon meilleur jour.

Pas trop difficile, la jeune fille à côté de moi à beaucoup moins d’expérience et un profil moins qualifié, j’ai presque de la peine pour elle… Mais pas facile de répondre à des questions en se comparant sans arrêt avec celle d’à côté sans pour autant l’accabler ou l’enfoncer.

Finalement, j’ai eu le poste… pour 2 mois seulement. Car il s’est effectivement avéré que le patron de la société traitait ses collaborateurs comme des chiens et que mon poste en webmarketing s’était transformé en stage photocopies. Et mon patron ne faisait pas seulement des entorses aux horaires de réunion mais aussi à la législation, appliquant ce que bon lui semblait dans SON entreprise…

Au bout de deux mois, il m’a mis à la porte. J’ai peur de ne pas trouver d’entreprise…

Je vous raconterai dans un autre article comment gérer une rupture à l’amiable, mais je vous encourage fortement à ne pas vous laisser faire lors des entretiens. Je sais que c’est tentant d’accepter tout ce qui se présente, mais les entretiens sont sensés être de véritables lune de miel où chacun se présente sous son meilleur jour. Cést part de mon education, je pense. Si déjà à ce moment cela ne se passe pas parfaitement bien, passez votre chemin, vous ne serez jamais bien dans cette entreprise